Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/157

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Mon livre s’imprimant tout de suite, je pourrais porter ma souscription à 2 000 francs ; et les clichés des Châtiments seraient une bonne propriété, une vraie vache à lait. Que dites-vous de tout cela ? Répondez-moi bien vite, car notre ami part pour Bruxelles le 9, et ce serait une occasion unique pour vous faire porter les clichés de Ch. Leroux[1]. Plus tard, nous n’aurions que la poste. Frais et périls.

Toutes vos réponses sont bonnes et me vont. Va donc pour Samuel[2], donc pour Mourlon. Je trouve juste et à propos que vous ayez pour alter ego un gendebien. Dites-moi : je suis tranquille, et je le serai.

Les caractères de l’imprimerie d’ici sont anglais, et fort convenables. Du reste, pourvu que cela soit propre et lisible, c’est l’essentiel. Nos livres proscrits ne sont pas tenus à être coquets. Ce qui n’empêche pas Nap.-le-Petit d’être un véritable Elzévir.

Je vous envoie la copie de la lettre de M. Mœrtens, avec mes notes en marge comme vous le souhaitez.

Dans le cas où nous ferions l’affaire imprimerie il va sans dire — c’est ainsi que vous, Schœlcher et moi le comprenons — que personne ne serait engagé en quoi que ce soit au delà de sa mise de fonds.

Tout ce que vous me dites du discours me charme. L’effet est bon partout. J’ai reçu à ce sujet de Belgique de bien excellentes lettres, une entr’autres de Noël Parfait. Remerciez-le pour moi en attendant que je lui écrive. En Angleterre, presque tous les journaux reproduisent le speech, quelques-uns en français, et tous en parlent, même les journaux de sport. Ils en disent (en moins bons termes) ce que vous en dites. Je crois que c’est une bonne pierre dans notre fronde. Remerciez mes amis de Belgique de leur idée de réimpression. Nous avons une petite édition ici qui passe en France à force. Prenons le Bonaparte par les deux frontières. Je compte sur votre promesse de m’envoyer quelques exemplaires de votre édition belge. — Pressez, je vous prie, les Œuvres oratoires (fiat voluntas tua), puisque vous trouvez le titre bon, c’est qu’il est bon. Mais, en définitive, Tarride répondra-t-il à mes questions sur Cappellemans ? Y a-t-il en somme quelque chose de perdu ? ou avez-vous tout retrouvé ? Si quelque chose est perdu, qu’est-ce ? On a une note à l’imprimerie, écrite de ma main, où est détaillé tout le contenu des deux volumes. Il est donc facile de voir si quelque chose manque. Il serait important que je fusse renseigné sur cela, et renseigné d’une façon détaillée et précise. Voulez-vous prendre encore cette peine ?

  1. On devait alors imprimer et clicher à Jersey l’édition clandestine, complète, et imprimer à Bruxelles l’édition expurgée.
  2. Samuel était proposé comme imprimeur responsable en cas de procès.