Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/158

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Vous avez raison quant à universelle, mais, ici, c’était nécessaire. Je vous expliquerai cela, le jour où vous nous donnerez cette grande joie de venir dans notre cabane.

Je suis charmé d’aller côte à côte avec Bancel. C’est un noble et jeune et généreux cœur, et un beau talent. Serrez-lui la main pour moi quand vous le rencontrerez.

Les Châtiments sont très attendus et très annoncés partout, et particulièrement en Angleterre. Un journal anglais que je viens de lire les annonce ainsi : « Victor Hugo va dépasser Nap.-le-Petit. Il prépare un livre terrible, un livre à faire frémir les statues de marbre »;

Répondez-moi tout de suite quant au cliché. Si Ch. Leroux cliche bien, par hasard, ce serait une trouvaille.

Tout mon groupe (Charles compris) est utile ici pour une chose dont je vous parlerai prochainement et qui entrerait parfaitement dans le cadre de nos opérations. Il serait donc difficile, impossible même, de vous le prêter.

Je n’ai plus que la place de vous embrasser. Mettez-moi aux pieds de madame Hetzel. Vous me parlez de ma fille en me parlant de la vôtre. Nos deux cœurs se mêlent dans cette douleur.

À vous. Ex imo[1].


À Noël Parfait.


[Début de mai 1853].

Vous savez, cher et excellent collègue, toute la place que vous avez dans mon cœur. J’étais sûr que ce discours[2] irait à votre esprit qui voit l’avenir si juste. Votre lettre m’a fait un vif plaisir. Je n’ai fait autre chose qu’exprimer les idées généreuses et vraies qui sont dans vos âmes à tous. On m’applaudit, on se trompe. C’est vous tous qu’il faut applaudir. Certes, c’est là un beau spectacle : les victimes se refusant d’avance le sang des bourreaux. Ouvrons les yeux de l’Europe ; ouvrons les yeux de la France et tout sera dit. La lumière est avec nous. Le malheur c’est que nous avons affaire à des aveugles. Apportez-donc le soleil aux chauves-souris ! C’est égal, ne nous lassons pas, ne nous décourageons pas, et surtout ne nous désunissons pas.

La publication de mon discours par les proscrits de Bruxelles me touche

  1. Publiée en partie dans Les Châtiments. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.
  2. Sur la tombe de Jean Bousquet, discours prononcé le 20 avril. Actes et Paroles. Pendant l’exil.