Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/164

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ce cas payer les clichés d’essai), voici ce qui resterait à faire : imprimer de front à notre imprimerie les deux éditions, l’expurgée et la clandestine, car je vous déclare que l’opération est folle autrement ; j’en parle en connaissance du livre, procès, saisie, perte sèche. Pour cette double impression, doubles caractères, doubles ouvriers, double dépense, puis péril en justice du caractère reconnu, et faisant transparente la clandestinité, enfin embarras de l’envoi du manuscrit et du va-et-vient des épreuves. (En cas d’envoi du manuscrit, je l’enverrais par tiers, mais à des intervalles, car vous n’avez pas besoin de tout à la fois, et jusqu’au dernier moment, je touche à l’œuvre. Ne faudrait-il pas charger les paquets à la poste ? Savez-vous quels sont les procédés pour cela, et les formalités ? Dites-le-moi.)

J’ai tâché de tout mettre sous vos yeux. Lisez ma lettre deux fois, et décidez. Il n’y a qu’un point auquel je tiens absolument, car autrement l’affaire serait folie, c’est la double édition, expurgée publique, et clandestine complète ; toute l’opération, sécurité et profit, est là. Voyez si vous pouvez faire les deux éditions de front et en six semaines dans notre imprimerie. Autrement, croyez-moi, clichez la clandestine à Jersey. Décidez, et répondez vite, vite. Si vous acceptez Jersey, écrivez pour l’imprimeur la lettre qu’il vous demande dans sa lettre du 13.

Je prends cette marge pour y mettre toutes nos plus tendres amitiés.

L’histoire du pot de chambre-cercueil est ravissante. — Remarquez que j’étais allé au-devant de votre désir de 500 francs de plus ; dans ma dernière lettre je vous dis que je vous donnerais 2 000.

Et le compte de Tarride ? Et les comptes de Marescq ? Et les Œuvres oratoires ? Et Cappellemans ?[1]


À Hetzel.


Marine-Terrace, 26 mai [1853].

Tenez-vous bien, je vous préviens que je vais faire d’immenses efforts pour être rapide et laconique. Je viens de recevoir vos deux lettres timbrées du 23 et du 24. J’attends Zéno pour conclure et je vous écris en l’attendant.

D’abord voici le bon de 1 500 francs.

Maintenant, quant à l’acte de société, je vous l’envoie avec mes notes ; mais le mieux et le plus simple est de m’abandonner entièrement à vous.

  1. Publiée en partie dans Les Châtiments. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale. — Collection Jules Hetzel.