Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/292

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Il s’appelait Franz Stevens. Les journaux belges et les journaux anglais ont publié en ce temps-là la lettre dont je l’avais chargé pour vous mais ce n’est pas une raison pour que vous l’ayez eue.

Aujourd’hui, ce petit mot, j’espère, aura meilleur sort ; il vous sera porté, non par un mourant, mais par un vivant et un vaillant ; le colonel Téléki est un de nos plus braves et de nos meilleurs amis. Il y a en ce moment trois pays sacrés, trois pays martyrs : La France, l’Italie, la Hongrie ; le colonel est hongrois. Traitez le colonel Téléli, je vous prie, comme vous me traiteriez moi-même[1] ; faites-lui les honneurs de vos fleurs, de votre soleil, de votre esprit[2]. Il est digne de tout ce rayonnement-là. Serrez-lui la main comme je vous la serre, ex imo corde.

V.[3]


À Paul Meurice[4].


Dimanche 24 8bre [1858].

J’aurais tant de choses à vous dire que je renonce à vous les écrire. Triste année. La maladie est venue me visiter et la poésie n’est pas venue ; le travail vous a gardé à Paris, et mon été s’est passé dans la fièvre et mon automne se passe sans vous.

Vous savez que j’ai été abruti quatre mois par un monstrueux bobo qu’on appelle un anthrax et dont on meurt très bien, à ce que disent Nélaton et Marjolin. J’ai eu ce charbon — allumé — dans le dos ; maintenant il est éteint ; je suis presque vivant et je me tourne vers vous.

J’ai repris les Petites Épopées interrompues par trop de fièvre.

À vous à jamais.
V.[5]


À Paul Meurice[6].


9 novembre [1858].

Nous recevons la bonne nouvelle de votre grand succès[7] ; cher poëte, nous sommes ici un parterre de guernesiais et de belges ; et nous vous crions

  1. Le passage en italiques, que la censure impériale n’aurait pas toléré, a été supprimé dans Les Guêpes de mai 1859.
  2. Ces trois derniers mots sont remplacés, dans Les Guêpes, par cette note d’Alphonse Karr : « Ici un mot que la modestie que l’on est convenu de faire semblant d’avoir me force de supprimer ».
  3. Collection de Mlle Bouyer-Karr.
  4. Inédite.
  5. Bibliothèque Nationale.
  6. Inédite.
  7. Fanfan la Tulipe avait été représenté au théâtre de l’Ambigu-Comique, le 6 novembre 1858.