Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/325

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Siècle et aux Débats qu’il faudrait la communiquer. — Mais le mieux, ne serait-ce pas ceci ? Prenez votre courage à deux mains, et allez voir Hugelmann de ma part, et de ma part, et courtoisement, demandez-lui de voir la lettre. La lettre n’existant pas, il sera amené à un balbutiement quelconque, d’où pourrait sortir un démenti donné à lui-même par lui-même dans un journal à lui-même, une reconnaissance de son erreur (porte que je lui laisse ouverte) en quelques lignes spontanées, et cela vaudrait mieux. En somme ce pauvre bonapartiste est romantique, il vous glorifie, il acclame Paul Meurice, il célèbre Victor, ce qui fait que j’ai peine à frapper dessus, et à frapper dur. — Arrangez cela pour le bien et pour le mieux, vous qui avez le sens juste de toute chose. — En somme, j’ai quelque répugnance à faire tapage pour cela, et à cogner en public mon H contre l’H de M. Hugelmann. Vous me comprendrez. Décidez la chose. Je vous envoie ma lettre en tout cas.

5 h. du soir.

Réflexion faite et conseil pris de tous en déjeunant, je supprime ma lettre éventuelle aux journaux. Le plus simple serait une note ainsi conçue :

« Dans tel recueil, à telle page, on lit ce qui suit :


(citer le paragraphe, et terminer ainsi :)

« Nous sommes autorisés à déclarer que M. Victor Hugo n’a point écrit « les deux lignes citées en italique. »

Ceci seulement dans les journaux sympathiques à la république (Presse et Siècle). Mais le mieux serait, je crois, d’attendre que le fait sortît de l’ombre, du recueil où il est, prît corps et devînt sérieux. Alors, démentir. Qu’en dites-vous ?

Vos lettres nous arrivent comme de la lumière de Paris. Vous traduisez magnifiquement Gautier. Quelle ombre de ne pas être au milieu de vous tous !

Pardonnez à mes mauvais yeux qui ont mal lu l’adresse de M. Régulus Fleury. Ce n’est pas rue N.-D. de Lorette, c’est rue N.-D. de Nazareth, toujours n° 29. Seriez-vous assez bon pour lui envoyer ma lettre par la poste, adresse rectifiée.

Continuez de nous mettre au courant de tout ce qui intéresse votre drame. C’est une puissante chose et ce sera un puissant succès. Vous verrez !

L’article de M. Ern. Lefèvre sur Victor est excellent et charmant. Félicitez-le de ma part, et remerciez-le aussi.

Envoyez-moi mes dix exemplaires de La Légende des Siècles par celui des deux,