Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/342

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


nous lui rendrons la santé. Je suis convaincu que le printemps attend votre arrivée pour venir. Les esprits comme le vôtre ont des intimités avec l’azur et des intrigues avec le soleil.

Voici deux lettres. Est-ce que vous voudrez bien vous en charger ? — Indulge amico. Crux nova est évidemment la meilleure exergue ; cependant il ne faut pas hésiter à mettre celle qui ne fera pas obstacle. Quant au mode de lancement de la gravure John Brown, tout ce que vous me dites me paraît excellent. Faites pour le mieux. Vous ne pouvez vous tromper[1].


À Lamartine.


12 avril [1860].


Mon cher Lamartine,

Je viens de lire dans les journaux de France l’annonce de votre édition complète. Je m’inscris parmi les souscripteurs. Trouvez bon que je grave dans votre impérissable monument notre fraternité inaltérable.

Votre ami,
Victor Hugo[2].


À Charles Baudelaire.


Hauteville-House, 29 avril 1860.

Vous m’avez envoyé, cher poëte, une bien belle page[3] ; je suis tout heureux et très fier de ce que vous voulez bien penser des choses que j’appelle mes dessins à la plume[4]. J’ai fini par y mêler du crayon, du fusain, de la sépia, du charbon, de la suie et toutes sortes de mixtures bizarres qui arrivent à rendre à peu près ce que j’ai dans l’œil et surtout dans l’esprit. Cela m’amuse entre deux strophes.

Puisque vous connaissez M. Méryon[5], dites-lui que ses splendides eaux-

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Le Figaro, 10 mars 1928.
  3. Sur le Salon de 1859. — Revue Française, 20 juillet 1859.
  4. « ... La magnifique imagination qui coule dans les dessins de Victor Hugo, comme le mystère dans le ciel. Je parle de ses dessins à l’encre de Chine, car il est trop évident qu’en poésie, notre poëte est le roi des paysagistes.
  5. Méryon quitta la carrière de la marine pour se consacrer aux arts ; à partir de 1850, il exposa des dessins et des gravures des principales vues de Paris, il devint un maître aquafortiste.