Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/380

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Porte-t-elle ces mots : Paris-France, écrits de ma main ?[1]

Je crois cela impossible. L’erreur doit venir de la poste.

Retard du manuscrit[2]. J’ai mis le gros paquet à la poste (chargé) le 29. Il est parti le 30 au matin. Il a dû arriver, sauf retard de mer, le 1er février. Voici les pièces justificatives des deux envois. Plaignez-vous à la poste, et réclamez, s’il y a lieu.

Rejet d’un chapitre d’un livre à un volume suivant[3]. Il faut éviter cela le plus possible. L’édition serait fort défigurée par là. Quant à Petit Gervais, c’est absolument impossible. Ce chapitre est une conclusion. — Du reste, tout ce que vous m’écrivez à ce sujet vient en aide à ma lettre d’hier 3. Relisez-la. Faites deux volumes et non trois.

Question de prix[4]. Vous faites erreur. J’ai là sous les yeux vos calculs écrits de votre main, ici, à raison de 6 francs par volume, 3 francs l’édition populaire. Or, 7 francs n’a jamais été admis par vous. En disant 6 francs, vous maintenez le prix ancien. Il n’y aurait de rabais que si, comme vous me le disiez dans une lettre, vous mettiez le volume à 5 francs (et 2 fr. 50 le bon marché). Pensez-y. Tout ceci vient encore à l’appui de ma lettre d’hier. Ne faites que deux volumes.

Depuis dix jours, pas d’épreuves. Je n’y comprends rien. Travaillant au manuscrit le matin, je corrige les épreuves le soir. Il arrive souvent que cette correction me mène tard dans la nuit (comme aujourd’hui), alors je vais moi-même les jeter à la boîte pour qu’elles partent le lendemain matin. En ce cas-là, elles doivent vous arriver d’autant plus sûrement qu’elles ne sont pas affranchies, les bureaux de poste étant fermés. Quoique les envois d’épreuves soient à votre charge, j’affranchis quand je peux. Ces frais là seraient simplifiés et réduits à presque rien, si je corrigeais sur l’édition de Paris, ce que je vous avais conseillé (quatre onces de papier pour six sous), et nous irions plus vite. Quoi qu’il en soit, vous devez avoir en ce moment tout jusqu’à la feuille 14 du tome II inclusivement. Aujourd’hui vous avez en plus quatre feuilles.

Je conçois votre hâte, et je la partage (c’est pour cela que la voie de

  1. Différentes réponses de Victor Hugo à la lettre de Lacroix du 3 février 1862. La première réponse fait allusion à ce texte : « À l’instant même, la poste nous apporte votre lettre de mardi dernier avec le bon à tirer de la feuille 20. Cette lettre a été à Paris, y a été ouverte, l’adresse portant par erreur mon nom avec l’indication : Paris-France. Un libraire de Paris à qui elle a été remise sur cette indication, l’a ouverte et nous la réexpédie ».
  2. « Point de seconde partie du manuscrit encore, du moins pas la suite de Waterloo ».
  3. « Peut-on couper les volumes à un chapitre ? ainsi par exemple, pour égaliser les volumes, rejeter Petit Gervais du tome premier au tome II ? Cette autorisation de votre part nous serait agréable, mon cher Monsieur ».
  4. « Nous augmenterons le nombre des volumes, mais en diminuant le prix du volume qui de 7 fr. 50 va être réduit à 6 francs. Cela fera un excellent effet sur le public. En réalité, le prix total des Misérables restera à peu près le même ».