Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/379

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Le troisième sera également faible. Ceci me paraît grave et corrobore tout ce que je vous ai dit déjà au sujet de la mise des deux volumes en trois. Il y a inconvénient à donner au public, pour la première fois depuis que j’écris, des volumes de moi où il lui semblera qu’on tire à la page. Et puis voyez les conséquences : Si l’ouvrage, à raison de deux volumes par partie, devait avoir huit ou neuf volumes, ce qui était le probable, il va en avoir douze ou quatorze, peut-être quinze, car il faudra diviser trois par trois. Représentez-vous un succès condamné à lever ce poids de quatorze ou quinze volumes, et quel poids ! Même à 5 francs le volume, le livre coûtera donc 75 francs ! Vous m’inspirez le plus profond et le plus cordial intérêt, vous êtes pour moi un cœur et un esprit, vous êtes un des hommes qui honorent par leur talent la nationalité belge, votre associé est évidemment à la hauteur de votre intelligence si rare et si sympathique. Eh bien, croyez à mon avertissement. Il est tout à fait temps encore, revenez à la division de chaque partie en deux volumes. L’aspect de l’ouvrage entier y gagnera. Si nous avons cinq parties, nous n’aurons que dix volumes. À quatre parties, nous en aurons huit. Le prix sera abordable, le succès s’en accroîtra, et par conséquent votre bénéfice auquel je tiens comme au mien propre. La première partie aura deux bons volumes de quatre cent cinquante pages chaque ; la deuxième, deux également, et, si nous avons cinq parties, ce que je ne puis encore calculer avec certitude, mais ce qui est possible, vous aurez dix bons volumes bien pleins et bien réussis. Cela étant, je crois au plus grand succès possible. Ce qui est tiré du tome II est insignifiant, et il vous sera facile de reporter l’année 1817, tout entier à la fin du tome premier. De cette façon, vos deux volumes sont admirablement construits.

Je recommande vivement tout ceci à votre excellent esprit. J’attends demain mardi un envoi de vous, et je vous serre bien affectueusement la main.

V. H.[1].


À Albert Lacroix[2].


Mardi 4 [février 1862]. Après minuit.
Cher monsieur,

Lettre envoyée à Paris. Avez-vous entre les mains l’enveloppe ?

  1. Correspondance relative aux Misérables. — Bibliothèque Nationale.
  2. Inédite en partie.