Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/386

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



1° L’impression qui devait, de convention expresse, commencer le 25 décembre, commence le 8 janvier. Retard. Imputable à qui ?

2° Guernesey avait livré deux volumes. Bruxelles veut en faire trois. Perte de temps à tâtonner sur cet allongement pendant trois semaines, puis retour raisonnable aux deux volumes. Retard. Imputable à qui ?

3° Bruxelles commence par corriger admirablement les épreuves, puis se relâche, et me renvoie jusqu’à deux et trois fois les mêmes fautes, rendant ainsi des troisièmes épreuves nécessaires. Retard. Imputable à qui ?

4° Voilà quinze jours aujourd’hui que vous auriez pu prendre livraison de la troisième partie. Vous semblez n’y pas songer. Je vous ai averti pourtant et je vous avertis encore. Le manuscrit est là qui attend. La troisième partie pourrait et devrait être sous presse. Elle n’y est pas. Il y aura un retard dont vous vous plaindrez. Retard. Imputable à qui ?

Vous voyez bien que Guernesey est l’agneau.

J’ajoute ceci : toutes les fois que, changeant ce qui a été débattu et convenu entre nous (question des trois volumes, question du petit format, question de Waterloo ne tombant pas en belle page, etc.), toutes les fois que, par de l’imprévu de ce genre, vous me faites écrire lettres sur lettres, et de longues lettres, c’est autant de temps perdu pour la correction des épreuves et la revision du manuscrit. Retard. Imputable à qui ?

Vous connaissez comme moi le danger des remaniements. Dans un remaniement pour corriger une faute, l’ouvrier en fait souvent de nouvelles. Or, toutes les fois que, par l’inattention du correcteur, vous m’envoyez dans une deuxième épreuve, soit une faute par récidive, et opiniâtre, soit une faute amenant un remaniement, vous me forcez de demander une troisième épreuve. À qui imputer le retard ?

Tenez, si pour vous faire toucher toutes ces petites vérités du doigt, je n’eusse pas été forcé d’écrire aujourd’hui cette lettre-ci, j’aurais pu corriger une feuille de plus, et vous eussiez été avancé d’autant.

Comme remède, vous demandez mon séjour à Bruxelles, et vous m’offrez votre propre maison de la façon la plus charmante : mais mon séjour à Bruxelles (sans parler du voyage que ma gorge malade ne me permet pas en ce moment) utile peut-être à l’impression, serait désastreux pour le travail de revision. Je vous l’ai dit déjà, et je vous le répète. Voulez-vous que nous marchions vite ? Revenez à votre premier mode de correction des épreuves, apportez-y le plus grand soin, envoyez-moi (l’excellence de la copie vous le permet) des premières épreuves aussi correctes que possible ; vous aurez très souvent tout de suite le bon à tirer, et dans tous les cas, ne m’envoyez jamais de grosses fautes dans les deuxièmes épreuves.