Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/393

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


À Auguste Vacquerie[1].


H.-H., 24 avril [1862].

Cher Auguste, j’ai grondé les belges. S’ils sont en retard, c’est archi-leur faute. Si on le voulait, on pourrait paraître le 1er mai. Depuis huit jours, ils ont le dernier bon à tirer de la troisième partie. Aujourd’hui j’ai envoyé la fin de la quatrième partie qui aura quatorze livres. Je commence demain la revision de la copie de la cinquième. Ces revisions de copie sont le labeur final. Les quatre derniers volumes auront de 450 à 500 pages chaque. Paris, j’espère, ne se plaindra plus qu’ils sont trop minces.

Il va sans dire que vous pouvez extraire d’Amy Robsart ce que vous voudrez[2]. Seulement il faut que je retrouve le manuscrit. Dès que je serai hors de mon tourbillon, je le chercherai. Je vous ai envoyé il y a quinze jours dans une lettre à timbre bleu (d’un schelling) des portraits de moi avec des légendes derrière et ma signature pour MM. Texier[3], Delord, Louis[4] et Alfred Huart, Guéroult[5], Nefftzer. Est-ce que vous n’avez pas reçu cet envoi ? Si cela a été intercepté, soyez assez bon pour le faire savoir à tous mes amis susnommés.

À vous et toujours à vous.
V.

Voudrez-vous remettre ce mot à P. Meurice ? et ce mot à M. Ch. Baudelaire.

Voudrez-vous dire à M. Pagnerre d’envoyer un exemplaire à M. de Girardin (fût-ce sur les miens) avec cette page en tête. C’est un oubli qu’il faut se hâter de réparer.

Et encore merci[6].


À Charles Baudelaire.


Hauteville-House, 24 avril 1862.
Monsieur,

Écrire une grande page, cela vous est naturel, les choses élevées et fortes sortent de votre esprit comme des étincelles jaillissent du foyer,

  1. Inédite.
  2. A. Vacquerie revoyait le texte de Mme Victor Hugo pour Victor Hugo raconté et aurait voulu y insérer quelques extraits d’Amy Robsart.
  3. Edmond Texier, journaliste, collabora principalement au Siècle, et devint rédacteur en chef de L’Illustration en 1860. Il a laissé entre autres ouvrages historiques, une Biographie des Journalistes et une traduction de La Case de l’oncle Tom, de Mme Beecher-Stowe.
  4. Louis Huart, rédacteur en chef, puis directeur du Charivari.
  5. Adolphe Guéroult, emprisonné au coup d’État, devint directeur de La Presse en 1857 et fonda L’Opinion nationale en 1859.
  6. Bibliothèque Nationale.