Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/396

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Dans tous les cas, il faut que le livre soit le meilleur possible, et la barricade est un de ses grands intérêts. Quant à l’éventualité, nous devons tous la braver. Elle est pire pour moi que pour vous. Pour moi, c’est une suspension de propriété ; pour vous, c’est une prolongation.

Je suis aussi opposé que possible à un retard de la publication. Il faut paraître le 14 au plus tard. Rien n’est plus facile que d’avoir tout publié, même avant le 30 juin.

Ma lettre d’hier vous l’explique. De ma part, nul retard possible, si ce n’est un cas de maladie imprévue. Paraissez le 14, paraissez le 14 !

En lançant la deuxième et la troisième partie, faites feu des quatre mains. Si l’on donne des citations, qu’on insiste sur Waterloo, qu’on fasse ressortir ce que ce livre a de national, qu’on remue la fibre française, qu’on fasse d’avance honte à Persigny d’arrêter un livre où il est rendu enfin justice à Ney, grand-père de sa femme, qu’on rende la saisie impossible en disant que c’est la bataille de Waterloo régalée par la France, etc. Entendez-vous pour cela avec MM. Vacquerie et Meurice. — Et nos amis de L’Indépendance. M. Frédérix. Demandez de ma part un article à Bancel. Déjà Kesler en a publié deux dans Le Courrier de l’Europe.

Vous recevrez avec cette lettre le livre premier de la cinquième partie, la guerre entre quatre murs. Cinquante-sept feuillets. Lisez la chose en soi, et non avec le tremblement de l’éventualité.

Voici un paquet très important pour M. Vacquerie. Il contient des envois et des lettres aux journaux. Il faudrait que cela fût remis en mains propres.

C’est pressé.

Courage, et mille affectueuses cordialités.

V.[1]


À Cuvillier-Fleury[2].


Hauteville-House, 9 mai 1862.
Monsieur et ancien ami,

Permettez-moi de ne pas vous appeler autrement, quelle que soit la différence de nos points de vue. Je viens de lire votre article si remarquable du 29 avril[3]. Remarquable, j’explique sur-le-champ ma pensée, par le

  1. Gustave Simon. La Revue, 15 mai 1909. Correspondance relative aux Misérables. — Bibliothèque Nationale.
  2. Cuvillier-Fleury était, depuis 1834, critique littéraire au Journal des Débats.
  3. Journal des Débats.