Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/40

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voisin fort et violent. Je lui ai dit : — En ce cas, si je me décide à faire cette publication, j’irai à Londres. — Nous nous sommes séparés bons amis. Il m’a offert des chemises.

J’en ai besoin, en effet. Je suis sans vêtements et sans linge. Prends la malle vide. Mets-y mes nippes. Mets-y mon pantalon à pieds neuf, mon pantalon non neuf, mon vieux pantalon gris, mon habit, mon gros paletot à brandebourgs dont tu retrouveras le capuchon sur le banc sculpté, et mes souliers neufs. Outre la paire qui est chez moi, j’en ai commandé une paire à Kuhn, mon bottier, rue de Valois, il y a trois semaines. Fais-là prendre et payer (18 fr.) et mets-la dans la malle. Cadenasse le tout. Je te ferai savoir plus tard de quelle façon tu devras me l’envoyer.

Peut-être sera-t-il utile que tu viennes passer ici deux ou trois jours pour nous entendre sur une foule de choses essentielles et impossibles à écrire. Si tu étais de cet avis, nous en recauserions dans nos prochaines lettres.

Je finis, l’heure de la poste me presse. Il me semble que j’oublie encore une foule de choses. Chère amie, je sais que tu as été pleine de courage et de dignité dans ces affreuses journées. Continue. Tu te fais honorer de tout le monde. Remercie mon excellent et cher Bellet[1]. Donne-moi des nouvelles de la santé de Victor et d’Adèle. Quant à Charles, il est d’acier.

Embrasse-les tous bien tendrement, et serre les généreuses mains d’Auguste et de Paul M…[2]. Mes plus tendres hommages à sa charmante femme.

Je t’embrasse mille fois. N’oublie pas la visite aux M…[3].


À H. Descamps[4].


Bruxelles, 14 décembre [1851].

Je suis ici. Je vous envoie tout de suite le meilleur de mon cœur. Vous vous êtes montré ami sûr et vrai ; je le savais, je suis heureux de l’avoir

  1. Louis Bellet s’attira par ses écrits politiques plusieurs poursuites en France et en Belgique. Il créa, en 1848, l’Union électorale de la Seine, collabora à plusieurs journaux, publia plusieurs ouvrages sur le droit, quelques drames et comédies et un grand nombre de brochures sur l’économie politique.
  2. Paul Meurice.
  3. Montferrier. — Bibliothèque Nationale.
  4. Henry Descamps, en 1846, fut envoyé en Belgique en mission historique. Après le coup d’État, il se rallia à l’empire et publia, le 15 août 1852, un panégyrique de Napoléon III se terminant ainsi : Acclamons l’empire et l’empereur.