Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/420

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te chargeras, n’est-ce pas, d’envoyer ces quatre lettres. Réponds-moi bien vite chez M. Lacroix, 3, impasse du Parc, à Bruxelles.

Je me dépêche de serrer tout Hauteville-House dans mes bras, je ferme ce billet, et je t’attends, mon Victor bien-aimé.

V.[1]


À Madame Victor Hugo[2].


Londres, mardi 23 7bre [1862].

Chère amie, je comptais être demain à Guernesey par Weymouth, mais voilà Victor qui me retient à son tour, et je ne puis lui refuser ce que j’ai accordé à Charles ; pourtant la semaine ne s’achèvera pas sans que je sois à Guernesey. J’ai faim et soif de vous revoir tous. La fête de Bruxelles a été admirable ; tous les journaux belges et anglais en sont pleins, et même les journaux français (les vaillants du moins). Le Siècle a presque reproduit mon speech. Avez-vous reçu le Daily Telegraph et la Queen ? J’ai bien regretté que nos excellents amis de Guernesey et de Jersey n’aient pu assister à la chose ; mais je l’ai bien compris. Du reste, il y a eu des choses étonnantes ; outre nos amis de Paris et de France, quelques-uns venus de Lyon, de Bordeaux et de Marseille, le principal écrivain suédois, M. Alm, est venu de Stockholm, le rédacteur en chef des Novadades, M. Cuerta, est venu de Madrid, Louis Blanc et M. Lowe sont venus de Londres, le rédacteur du Diritto, M. Costayo Ferrari, est venu de Milan. C’est-à-dire que plusieurs ont fait huit cents lieues (aller et retour) pour passer une heure avec moi. Le président de la chambre des représentants belges et le bourgmestre de Bruxelles ont vaillamment tout écouté et tout applaudi. Du reste, cordialité, gaîté, et bravoure chez nos français, ensemble inouï, joie profonde. Une foi absolue dans un avenir très prochain. Les journaux anglais donnent le menu du repas. Il paraît que le banquet seul a coûté 6 000 francs.

Je t’envoie tous ces détails qui vous feront plaisir, en attendant que je vous les bavarde moi-même. J’ai bien regretté Auguste et Meurice. Auguste a été charmant, il m’a envoyé pour le 16 deux feuilles cueillies sur le tombeau de nos enfants.

A presque tout de suite. E. Allix m’a dit que tu avais été un peu souffrante. Mais que ce n’était rien. J’y compte bien. J’embrasse tous et toutes.

Chère amie, je te serre dans mes bras.

V.[3]
  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Inédite.
  3. Communiquée par la librairie Cornuau.