Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/445

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passé, l’avenir ! et nulle abstraction ; tout cela s’incarne et vit, le passé dans les rois et les émigrés, l’avenir dans les proscrits. Par une fissure dans la sombre muraille humaine, l’Inconnu apparaît. Votre drame va des bêtes aux esprits à travers l’homme. Il y a la lumière intérieure, la conscience ; et la lumière extérieure, Dieu. Appelons Dieu, si vous l’aimez mieux, l’Infini ou l’Idéal ; mais il y est. Je vous parlerai souvent de ce livre. Je suis fier d’y être. Il y a de la foi dans votre style ; on y sent le devoir et le droit. Moyen âge et révolution, sous quel souffle vous avivez toutes ces flammes, les unes mauvaises, les autres bonnes ! le lecteur sera convaincu, et vaincu. De plus, c’est excessivement amusant. La comédie est aussi gaie que la tragédie est poignante. Le succès sera grandissime. Ma première lettre n’était qu’un cri. J’ai encore bien des choses à vous dire.

Ex imo.
V.[1]


À Albert Lacroix[2].


Hauteville-House, 29 mars [1863].

Je reçois, mon cher monsieur Lacroix, votre envoi et votre lettre du 24. Permettez-moi de vous rappeler que les épreuves que je réclame avec le plus d’insistance (déjà cinq fois, sans reproche) ce sont les épreuves des variantes très importantes que je vous ai envoyées en octobre 1862[3], voilà six mois, sur le nom de Pontmercy mal entendu à Waterloo par Thénardier, les changements portent sur un passage du mauvais pauvre (Tome VI) et de la bouteille d’encre qui ne réussit qu’a blanchir (Tome X). Je vous envoyais ces variantes en hâte, en vous demandant épreuve immédiate et en vous prévenant que je n’en avais pas gardé copie ; faites enfin droit, je vous prie, à ma réclamation (sixième fois), envoyez-moi épreuves de ces variantes nécessaires pour l’édition in-18, le plus tôt possible. Ce sont ces épreuves-là surtout que je demande. — J’ai fait toutes vos commissions, et vous pouvez compter sur tous nos amis ici. Madame Victor Hugo est à Paris depuis huit jours. Je lui enverrai votre lettre.

Il est inouï que M. Tarride nie le sixième de M. Hetzel. Auriez-vous la bonté de prier M. Jettrand d’en écrire de ma part à M. Hetzel, qui a probablement, traité ou lettre, de quoi confondre l’honnête Tarride.

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Inédite.
  3. Lettre du 20 octobre 1862.