Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/457

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peut-être encore, quelque chose, je ne sais quoi, qui s’est interposé entre vous et moi. Mais cela s’est dissipé, ou se dissipera. L’important pour moi, c’est que je vous aime et que je vous comprends. Vous avez une gloire unique et haute. Vous êtes la grande femme de votre siècle. Je vous admire sous les deux espèces, la grâce et la puissance et je me mets à vos pieds.

Victor Hugo[1].


À Paul Meurice.


Capellen (Rhin), 30 août.

Vous m’avez permis de vous dire le moment où j’approcherais de Heidelberg. Je vous tire donc la manche, mais bien doucement. Voyager avec vous est une joie complète ; d’un côté la nature éblouissante, de l’autre, votre esprit. Venez donc nous retrouver, si vous pouvez. Nous serons à Heidelberg du 3 au 5 septembre, plutôt, je pense, le 3 que le 5. Si vous y êtes, et si vous avez, quelques jours à vous, nous ferons un peu route ensemble dans cette voiture que vous connaissez, et où vous remplacerez M. A. Busquet qui nous quitte à Heidelberg.

Doux et cher ami, à bientôt donc, peut-être, je n’ose espérer tout à fait, mais faites pour le mieux.

Je vous embrasse.

On me dit qu’il n’y a que quinze heures de chemin de fer de Paris à Heidelberg[2].


À François-Victor[3].


Villers-la-Ville, 3 octobre [1863].

Mon Victor, je t’achète ton armoire. Tu m’en demandes 90 francs, je ne puis t’en donner que cent, et encore j’y mets la condition qu’elle restera dans ta chambre et qu’elle servira, comme par le passé, à ton usage exclusif. De cette façon, il n’y aura rien de changé, que cent francs de plus dans ta poche. — Je te remettrai lesdits cinq napoléons en arrivant à Londres.

Charles m’a quitté hier soir et est reparti pour Paris, où il va retrouver ta mère. Il est arrivé en ce moment. En même temps je reçois une dépêche électrique de Hetzel m’informant que M. Houssiaux (un de mes éditeurs in-8°), sera à Guernesey mercredi 7 octobre pour me faire offre d’achat de

  1. Archives de Mme Lauth-Sand.
  2. Correspondance entre Victor Hugo et Paul Meurice.
  3. Inédite.