Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/463

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Victor est à Jersey. Il aura Jean Baudry à son retour.

Un petit service : envoyez-moi la tartine Dupanloup[1] contre Myriel et Les Misérables. La soutane étant violette, il sera peut-être utile de la corriger. Je verrai si cela mérite un mot, en passant.

Je veux vous reparler encore un petit peu de Jean Baudry. Que n’êtes-vous là ! Que de choses à vous dire ! Pas une figure qui ne vive, pas un détail qui ne charme ou n’émeuve, pas un mot qui ne soit un cri. Cri de l’âme, cri du cœur, cri de l’esprit. Vous avez vaincu comme il faut vaincre, en ne concédant rien. Vous êtes triomphant, et vous restez fier. Bravo encore, et encore merci[2].


À Théodore de Banville.


Hauteville-House, 15 novembre [1863].

Vous n’avez pas un succès, cher poëte, sans que mon applaudissement passe la mer ; je vous crie bravo. Je viens de lire les ravissants vers de Diane au bois[3]. C’est frais, charmant, doux, exquis — et grand. Que devenez-vous là-bas ? Au milieu de vos triomphes, pensez-vous toujours un peu à moi ? Moi, l’absent et le vieux, je vous aime. Plus je vieillis, plus j’aime mes amis et mes poëtes.

Canta a la tarde et pajaro del corazon ; c’est le soir pour moi et l’oiseau de mon cœur chante. C’est pourquoi je pense à vous doucement. Continuez à être heureux et charmant.

Je serre votre main.

Victor H.[4]


À Albert Lacroix.


H.-H., 18 9bre [1863].
Mon cher monsieur Lacroix,

Les jours sont courts, j’ai ce livre à finir[5], et je ne puis écrire à la lumière. De là la rareté et la brièveté de mes lettres. C’est pour cela que j’aurais voulu vous voir, outre le cordial plaisir de passer quelques jours avec

  1. Dupanloup, évêque d’Orléans, combattit ardemment pour obtenir la liberté de l’enseignement. Il nous a été impossible de retrouver l’appréciation de Dupanloup sur Les Misérables.
  2. Bibliothèque Nationale.
  3. Comédie représentée au théâtre de l’Odéon le 16 octobre 1863.
  4. Collection Louis Barthou.
  5. William Shakespeare.