Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/490

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là-bas la chaleur de ces deux cœurs tournés vers toi, du mien surtout qui te          [1] et qui t’enveloppe de toutes les tendresses à la fois et de toutes les anxiétés. Nous parlons sans cesse entre nous de tout ce que tu souffres, nous le souffrons avec toi, je le souffre moi, plus que personne et autant que toi-même, et nous demandons à Dieu, si cela est possible, une fin prompte et heureuse pour cette bien longue et bien douloureuse épreuve. Reviens ! reviens ! je n’ai plus que ce cri dans l’âme et il me semble qu’à tant de distance tu dois l’entendre et le distinguer. Reviens ![2]


À Charles.


Hauteville-House [1864].

Ta lettre ne répond pas à ce mot que je te criais du fond de mes entrailles : Reviens !

Tu nous manques à tous ici, et à moi plus qu’à personne, tu le sais bien. Mais ce mot, reviens ! je te le disais dans tous les sens à la fois, je ne te disais pas seulement reviens par le chemin de fer, je te disais reviens par le cœur ; ne fais pas cesser seulement la séparation matérielle qui est entre nous depuis si longtemps déjà, fais cesser la séparation des âmes. Tu m’as fait bien souffrir, pauvre cher enfant, mais je te pardonne, car je t’aime, et quand on aime, sais-tu ce qui est impossible ? C’est de ne pas pardonner.

Oui, tout mon cœur se tourne vers toi, et appelle le tien. Reviens ! reviens ! Hélas ! pendant que la souffrance t’éprouve là-bas, elle nous éprouve ici ; tu sais mes dernières angoisses ; cela ne m’empêche pas d’être déchiré par les tiennes. Tu vois, j’avais bien raison, tout ce que j’avais prédit se réalise.

Ah ! mon Dieu, toi si loin, toi si triste ! Que d’accablements à la fois ! Reviens ! reviens ! je ne sais plus dire et penser que cela[3].


À Auguste Vacquerie[4].


H.-H., 30 Xbre [1864].

Voulez-vous, cher Auguste, accepter ma carte sous ce pli et transmettre l’autre à M. de Saint-Victor. Il a parlé une fois de mes dessins, même à

  1. Un mot illisible.
  2. Bibliothèque Nationale.7
  3. Bibliothèque Nationale.
  4. Inédite.