Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/512

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Aujourd’hui, je trouve votre noble et généreuse lettre du 24 juin. J’y vois, exprimées dans votre belle langue, toutes mes aspirations, toute mon indignation, toutes mes espérances, et votre cœur, en s’ouvrant ainsi, me trouve à l’unisson.

Tout ce que vous dites de la France, je l’augure, moi, pour l’Italie. Nous avons, vous et moi, le même symbole : le Progrès, la même foi : Dieu, la même patrie : la Liberté.

Cher concitoyen des États-Unis d’Europe, je vous embrasse et vous aime.

Victor Hugo[1].


À Auguste Villemot[2].


Hauteville-House, 12 nov. [1865].

La critique des poëtes, c’est la grande critique. Vous le prouvez tous les jours, mon noble et cher confrère, et vous venez d’en donner une démonstration éclatante en parlant des Chansons des Rues et des Bois. C’est la philosophie même de l’art que vous avez développée dans cette page si forte et si pleine. Vous avez dit avec la simplicité du connaisseur profond, une foule de choses neuves. Qui parlera du lac, et de la candeur, et de la blancheur, et de la sérénité, et des belles ailes qui nagent et qui volent, qui en parlera, si ce n’est le cygne ! Je vous remercie, mon vaillant ami, d’avoir donné au poëte le Welcome du poëte. Il y a toujours de l’orage autour de moi ; ce n’est rien ; car une page comme celle que vous venez de m’écrire dans Le Temps[3] à travers la nuit et la distance, a fait tout de suite au-dessus de ma tête le ciel bleu. Quelle sagesse vraie et fine, en même temps que haute, dans ce que vous dites de la gaîté des bonnes consciences ! Je me rappelle avoir bien ri avec vous. Aimez-moi toujours un peu. Je vous envoie mon tendre et fraternel serrement de main.

Victor Hugo[4].
  1. Giornale d’Italia, Rome. (Coupure de journal sans date.)
  2. Auguste Villemot, journaliste, écrivit la plupart de ses articles dans Le Figaro, et publia quelques livres de critique.
  3. Le Temps du 5 novembre 1865.
  4. Communiquée par M. Matarosso, libraire.