Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/511

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À George Sand.


Bruxelles, 4 octobre 1865.

J’ai été absent et errant tout l’été. Je traverse Bruxelles pour marier mon fils Charles, puis retournerai à mon caillou en pleine mer. Paul Meurice me parle de vous, je sens le besoin de vous écrire. Voulez-vous me permettre de vous dire que je suis à vous du fond du cœur. Il y a des heures dans la vie où une sympathie, plus attendrie et plus profonde que jamais, se mêle à l’admiration qu’inspire un grand esprit. C’est ce sentiment-là que je vous envoie ; c’est ce respect-là que je mets à vos pieds[1].


À Émile Deschamps.


Hauteville-House, 5 nov. 1865.

J’arrive, cher Émile, et je trouve votre lettre du 28 juin. J’espère que quelque journal, tombé sous vos yeux par hasard, vous aura dit mon absence et par conséquent expliqué mon silence. Charles vient de se marier, et j’ai été, loin de mon trou de rocher, bénir un jeune bonheur. Je n’envoie pas de billets de faire part ; n’étant plus qu’un proscrit oublié, mais à vous je dis avec un serrement de main : aimez-moi dans mes enfants qui vous aiment.

Je viens de vider mon sac de vers dans un volume[2]. Je vous l’envoie. Admettez-le, frère en poésie, au foyer de votre cœur, sous les ailes de votre esprit.

Victor Hugo[3].


À Brofferio.


6 novembre 1865.
Mon éloquent et très cher ami,

Vous aurez appris, je l’espère, mon absence en lisant un journal quelconque et vous aurez compris les raisons de mon silence.

  1. Archives de Mme Lauth-Sand.
  2. Les Chansons des rues et des bois.
  3. Collection de Mme Paignard. — Henri Girard, Émile Deschamps.