Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/517

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Maintenant, j’arrive à votre lettre. Vous avez choisi la publication première sans le chapitre préliminaire. Je n’approuve ni ne désapprouve. Les deux partis me paraissent bons à prendre. Seulement vous vous trompez, ce chapitre préliminaire (l’Archipel de la Manche) tient au cœur même du livre. Il n’en sera d’ailleurs que mieux accueilli comme préface de la seconde édition. Vous vous trompez encore en croyant, sans le chapitre préliminaire, à des volumes de 340 pages. Vous n’aurez, je le crois, que des volumes de 320 pages au plus. Avec le chapitre préliminaire vous auriez eu trois volumes de 360 pages au moins chaque. Je vous engage à dilater le plus possible, puisque vous vous privez de ce chapitre, dans la première ou les premières éditions. Il y aura deux pages de préface, il faut donc paginer à partir de 6 et non de 4. Rectifiez, je vous prie.

N’oubliez pas que la disjonction du chapitre préliminaire et son ajournement entraînent trois conditions absolues :

1° La remise sous cachet dudit chapitre jusqu’à ce qu’on le mette sous presse (huis clos nécessaire) ;

2° La fixation préalable de l’édition à laquelle on le joindra (sera-ce la 2e ? la 3e question) ;

3° Le tirage spécial et la mise à la disposition du public dudit chapitre, qui devra être livré gratuitement à tout acheteur des premières éditions sur la présentation de son exemplaire (qu’on estampillera en livrant la préface). Ceci fut fait pour la grande préface du Dernier jour d’un condamné. La loyauté l’exige. Autrement on punirait les premiers acheteurs de leur empressement, en leur décomplétant leur exemplaire par une addition si importante, qui leur manquerait.

Ne faites pas mettre encore en page le livre V (le Revolver), j’ai un chapitre ajouté très important à vous envoyer. — J’allais vous envoyer deux paragraphes nouveaux ajoutés au chapitre préliminaire. Je suspends l’envoi jusqu’à la mise sous presse. Je profiterai de l’ajournement pour compléter encore ce chapitre. Je reçois vos trois feuilles à deux heures de l’après-midi. Il est cinq heures du soir. Je vous les renvoie corrigées. Tout marchera vite de mon côté. Je vous recommande toujours, épreuves et manuscrit, le secret le plus absolu. Mon prochain envoi vous portera du manuscrit. — Il y a eu trois admirables articles : George Sand, Jules Janin, Paul de Saint-Victor, et d’autres encore[1]. M. Ch, Aubertin[2] a fait un très bon article. Mille bien affectueux compliments[3].

  1. Sur Les Chansons des rues et des bois.
  2. Aubertin, journaliste, professeur, maître de conférences à l’École Normale, a publié plusieurs livres sur la littérature française.
  3. Travailleurs de la mer. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.