Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/524

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prétends pas ! — J’ai lu dans les journaux anglais des détails authentiques sur ma cécité complète : ce qui m’a rassuré, c’est que je les ai lus !

Cette ophtalmie, un moment fort aiguë, fort douloureuse, et assez importune, vous a expliqué mon long silence. Aujourd’hui, me voilà rentré en pleine possession du droit de lire et d’écrire, et j’en profite pour me tourner vers vous.

Vous avez parlé des Chansons des Rues et des Bois avec une élévation d’idées et de style qui m’a charmé et touché. Je tiens à vous le dire. Les esprits tels que vous ignorent les passions basses ; ils ont la hauteur de vues qui donne l’impartialité ; ils ont la sérénité du talent qui donne la justice. De là leur influence sur le public.

Je vous remercie ex intimo animo.

On m’assure qu’un honorable critique déclare m’avoir tué ; — par métaphore j’espère !

Recevez le cordial serrement de main d’un aveugle qui y voit clair et d’un homme tué qui se porte bien.

Victor Hugo[1].



À Charles et à François-Victor[2].


H.-H., samedi 6 janvier [1866].

Le curieux, c’est que je suis absolument de votre avis ; c’est la maison Lacroix qui n’en est pas. M. Lacroix, préoccupé ailleurs et absorbé par sa magnifique affaire Proudhon, me fait l’effet d’ignorer les faits.

Les voici (succinctement. Pour les compléter, faites-vous communiquer mes lettres à M. Verboeckhoven, je vous y autorise).

Le 25 nov. j’envoie à mes éditeurs la première moitié du manuscrit[3], accompagnée du Chapitre préliminaire[4]. Sur ce chapitre je fais toutes les observations que vous faites, laissant les éditeurs maîtres :

Ou de le publier immédiatement.

Ou de le réserver pour la deuxième ou troisième édition, toute prête d’avance et devant paraître dans la huitaine de la publication, à la condition de loyauté de délivrer gratuitement aux acheteurs de la première édition ce chapitre tiré à part.

(Moyennant un avis dans les journaux ainsi conçu :

« La deuxième édition des Travailleurs de la mer paraît aujourd’hui. Elle

  1. Le Progrès. Bordeaux. 1er mars 1866.
  2. Inédite.
  3. Le manuscrit des Travailleurs de la Mer.
  4. L’Archipel de la Manche.