Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/548

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Il me semble voir mes deux pôles marqués par vous dans vos deux articles sur Les Chansons des Rues et des Bois et sur Les Travailleurs de la Mer. Rien n’échappe à votre puissant esprit ; vous illuminez le diamètre entier d’une œuvre, et votre lampe-étoile, après avoir éclairé le sommet, reparaît au fond de l’abîme. Les deux dons suprêmes, incubation et rayonnement, vous les avez.

Je suis à vous du fond du cœur.

Victor Hugo[1].


À M. Mirambeau[2].


Hauteville House, 7 avril [1866].

Je suis, monsieur, ému jusqu’aux larmes de ce que vous m’écrivez ! Je bénis l’âme de ce doux être dans la lumière où elle est maintenant.

Mettez mon profond et douloureux attendrissement aux pieds de la pauvre mère.

Recevez mon sympathique serrement de main.

Victor Hugo[3].


À François-Victor[4].


H. H., 22 mars [1866].

Mon Victor, dis ceci à M. Lacroix (lis-lui ma lettre). En envoyant l’exemplaire à M. Hetzel, avec ma formule cordiale habituelle, je lui ai écrit pour le

  1. Collection Paul de Saint-Victor.
  2. Inédite. — Note de Victor Hugo : « Lettre profondément touchante et intéressante que je t’envoie. Tu pourras la citer dans quelque page émue ». (Envoyée à Madame Victor Hugo, le 24 avril 1866.)
    Paris, 2 avril 1866.
    Monsieur,
    Un enfant de quinze ans vient de mourir. Nous l’avons mis en terre le jeudi saint. Jeune par l’âge, il était homme par l’intelligence, il était poète par le cœur.
    Sur son lit de mort il a demandé à sa pauvre mère que l’on mît avec lui dans le cercueil une photographie de vous qui étiez pour lui presque un Dieu. Ce dernier vœu a été accompli et votre image repose sur la dépouille de celui qui vous aimait tant.
    Cet enfant que vous ne connaissiez pas s’appelait Gaston. Sa mère désolée s’appelle Mme Lallemand et demeure rue des Martyrs , 28.
    Voilà, Monsieur, ce que je voulais vous dire et il n’a pas fallu moins que cette circonstance pénible pour que j’ose vous écrire.
    Je profite de cette occasion pour me dire, moi aussi, votre profond admirateur et je vous prie de recevoir l’assurance de mon respectueux et inaltérable dévouement.
    Mirambeau.
  3. Communiquée par Mme Veuve Bertin.
  4. Inédite.