Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/555

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


les promesses de progrès sont tenues, et l’arc est plus rayonnant que jamais. Je vous remercie de me faire lire votre livre[1]. Ubi spiritus ibi porta. Certes, vous avez le souffle. Vous avez le vers large et l’esprit inspiré. Salut à votre succès. — Je vous serre la main.

Victor Hugo[2].


À Monsieur Cuvillier-Fleury.


Hauteville-House, 30 avril 1866.
Monsieur et cher confrère,

Je me sens, de toutes les manières, si profondément absent de l’Académie, qu’il m’est impossible de ne pas être touché chaque fois qu’un de mes confrères veut bien avoir l’air de croire que j’en suis[3]. L’exil a créé l’académicien in partibus ; je suis cet académicien-là. Mais l’exil n’a pu m’ôter mes vieux souvenirs et mes vieilles cordialités. Vous savez, mon honorable et cher confrère, quelle place vous y avez.

Il y a entre vous et moi, et je le regrette, plus d’un dissentiment ; mais nous sommes d’accord en ceci que nous avons, vous et moi, notre conscience pour guide, et la liberté pour but.

Conscience, liberté ; toute la dignité de la vie est là. Nous pouvons donc, à l’Académie et partout, échanger cordialement un serrement de main.

Victor Hugo.

Voulez-vous être assez bon pour mettre mes empressements respectueux aux pieds de madame Cuvillier-Fleury[4].

  1. Poèmes Saturniens.
  2. Collection Louis Barthou.
  3. Cuvillier-Fleury, en posant sa candidature à l’Académie Française avait, pour remplacer la visite traditionnelle, écrit à Victor Hugo.
  4. Archives de la famille de Victor Hugo.