Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/158

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À David d’Angers[1].


Ce lundi [mars 1834].

Mille regrets de ne vous trouver ni l’un ni l’autre. Voici encore, mon cher David, du papier pour du bronze. Vous m’avez envoyé quatre admirables médailles et je vous apporte deux méchants volumes [2]. Vous me comblez et je vous accable.

Mettez-moi aux pieds de Madame David.


Victor[3].


À Monsieur le baron Billing[4],
Premier secrétaire de l’Ambassade de France. Naples.


Paris, 11 mai 1834.
Monsieur,

J’ai bien des obligations à Mirabeau. Je lui dois votre lettre.

J’ai toute ma vie été plutôt de ceux qui pèsent les suffrages que de ceux qui les comptent. Jugez avec quel plaisir j’ai reçu le vôtre.

Je suis à l’heure où je vous écris à peu près aveugle. Je me suis brûlé les yeux dans les nuits de travail de Notre-Dame de Paris. Depuis quatre ans bientôt j’épuise les moyens de guérison, sans réussir. Il faut que vous pardonniez à mes yeux troubles ce griffonnage. Je vous assure que je n’y vois guère plus clair qu’un gouvernement.

Je ne serai pas l’homme que vous appelez comme moi de tous vos vœux. Mais je me souviendrai toute ma vie que vous avez cru un moment que je pourrais l’être.

Adieu, Monsieur, croyez que je vous garde un bien sincère souvenir et que je suis à vous bien cordialement.

Victor Hugo.

Fontaney qui est ici, toujours cherchant sa voie, me charge de le rappeler à votre bon souvenir. J’ai eu le regret de me présenter deux fois chez madame de Courbonne sans avoir le bonheur de la rencontrer.

  1. Inédite.
  2. Littérature et Philosophie mêlées, mars 1834.
  3. Bibliothèque d’Angers.
  4. Inédite.