Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/175

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plie par personne mieux que par lui. Vous qui n’êtes pas moins excellent apppréciateur des hommes que des idées, vous savez, Monsieur le ministre, tout ce qu’il y a dans M. Didron d’étude consciencieuse, de sagacité scientifique et de probité littéraire. J’insiste sur cette dernière qualité fort rare à présent. M. Didron professe en ce moment et non sans éclat, à la bibliothèque royale un cours d’archéologie chrétienne et nationale. Personne de nos jours n’a plus approfondi cette matière. Vous n’oubliez pas, Monsieur le ministre, que vous m’avez plus d’une fois exprimé le désir de placer M. Didron d’une manière digne de lui ; je crois que le moment est venu, et c’est avec toute confiance et tout espoir que je vous le recommande.

Croyez, je vous prie, Monsieur le ministre, à mon cordial et respectueux dévouement.


Victor Hugo[1].


1839


À Auguste Vacquerie[2].


Paris, 21 avril.

Je profite d’une éclaircie, mes yeux vont un peu mieux, je vous écris, cher poëte. J’ai lu vos bonnes lettres à ma femme, et au nom de tous ceux qui vous aiment ici, je vous remercie de vous mieux porter. Continuez, et revenez-nous avec le printemps.

Moi, je suis accablé de travail, livres à faire, libraires qui attendent, pensées qui demandent à ouvrir l’aile et à s’envoler au grand jour, et j’en voudrais beaucoup au bon Dieu de m’avoir tant donné de besogne pour cet été, s’il n’y avait pas un peu de verdure aux arbres et un peu de soleil dans le ciel. Mais le moyen de se fâcher contre ce qui rayonne et ce qui sourit ?

Faites des vers là-bas, vous le devez, vous qui les faites si beaux et si charmants, et puis cela ne peut vous faire de mal, la santé et la poésie sont sœurs, vous savez qu’il y a parenté mythologique entre Esculape et Apollon, et je serais maître si je voulais terminer cette lettre par toutes sortes de vers latins. Je me borne à vous demander des vers français. Il nous en faut, entendez-vous ? la poésie est à Villequier, et le poëte aussi.

Je ne vous écris pas souvent, mais je vous aime.

Vale et me ama[3].
  1. Communiquée par M. Ronald Davis.
  2. Inédite.
  3. Bibliothèque Nationale.