Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/180

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Je viens de passer deux heures avec les enfants. J’ai un peu sermonné ; ils ont été très gentils et je crois les avoir remontés. Ils baissaient. J’espère maintenant. Je te promets d’aller voir M. Poirson.

Je t’embrasse tendrement ainsi que mes chères petites filles.

TonVictor[1].


À Mademoiselle Léopoldine Hugo[2].


13 mai. Minuit.

Didine, chère enfant, tu ne m’as pas écrit, tu n’as pas songé à ton petit papa, nous sommes à mercredi soir, et je ne sais pas encore s’il faut retenir des places à tes frères pour samedi soir. Sera-t-il encore temps ? Écris-moi donc bien vite, ma Didine. Donne-moi de vos nouvelles à tous, et puis envoie-moi le nom et l’adresse de mon chemisier, et puis donne-moi aussi bien exactement les indications pour trouver votre maison quand on est à St-Prix.

À dimanche, j’espère, mon pauvre ange. Embrasse pour moi ta bonne mère et ma Dédé. Je serre la main à ton excellent grand-père.

Et je t’embrasse, ma Didine.

Ton petit papa.

V.[3]


Au comte Leoni[4].


Paris, 23 mai 1840.

Je m’empresse, Monsieur, de répondre à votre obligeante lettre. Angelo, tyran de Padoue est un drame de pure invention. Inventer l’événement dramatique dans les conditions possibles de l’époque et du pays donnés, tout en peignant très fidèlement l’aspect historique du lieu et des hommes, en un mot, combiner dans le même tableau ce qu’il y a d’éternel dans la passion humaine avec ce qu’il y a de passager dans les formes sociales, tel est le point de départ de mon esprit dans mes créations de théâtre. Ceci vous expliquera de quelle façon vous pouvez envisager Angelo.

Agréez, monsieur le comte, l’assurance de ma considération distinguée.

Victor Hugo[5].
  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Inédite.
  3. Bibliothèque Nationale.
  4. Inédite.
  5. Communiquée par les héritières de Paul Meurice.