Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/184

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tement pour Paris où j’espère arriver le 2 novembre vers deux heures après midi. Je ne m’y arrêterai pas et je partirai sur-le-champ pour Saint-Prix car j’ai bien besoin de vous embrasser tous.

Si par hasard tu étais déjà rentrée à Paris, aie soin de me l’écrire au reçu de cette lettre courrier par courrier à Forbach, France, poste restante, afin de m’épargner une course inutile à Saint-Prix. Je passerai exprès par Forbach pour prendre ta lettre.

Quand vous aurez lu ces quelques pages, envoie-les à Louis, en le priant de ne les montrer à personne et surtout de ne pas les laisser copier, car on finirait peut-être par les imprimer, comme ma lettre sur Chillon l’an dernier, et cela serait contrariant. Explique bien tout cela dans un petit mot de lettre à notre bon Louis.

Je ne sais si vous avez toujours beau temps à St-Prix, mais il pleut et il vente ici affreusement. Je n’en vais pas moins à travers les vieux arbres de Schinderhannes, pataugeant héroïquement avec les paysans et les rouliers.

Dis à ton excellent père que je le prie bien de continuer à éplucher tout ce que j’écris. Je cite souvent des dates et des textes de mémoire, et je peux me tromper.

Si tu vois quelques-uns de nos amis, dis-leur que je vais revenir, et que nous allons recommencer notre bonne et cordiale vie de la place Royale. Il me tarde d’en être revenu là.

À bientôt donc enfin, mon Adèle. Je t’embrasse mille fois ainsi que ma Didine et ma Dédé, mon Charlot et mon Toto. Quelle joie de vous revoir tous. Ce sera, j’espère, le 2. N’oublie pas que j’irai tout droit et sans débotter dîner à St-Prix.

Je t’embrasse, je vous embrasse tous, mes anges bien-aimés. Soyez heureux comme moi, le jour où nous nous reverrons est proche.

V.

Je prie ma Didine d’écrire de temps en temps à Mademoiselle Louise[1].


À la même[2].


Kaiserslautern, 28 octobre.

Ceci est sans doute, chère amie, la dernière lettre que tu recevras de moi d’ici à mon arrivée. À moins d’incidents imprévus et d’encombrement inusité des malles et des diligences, je pense que je serai à Paris toujours le 2 novembre vers 2 heures après midi, je prendrai la voiture de Proux de

  1. Bibliothèque Nationale
  2. Inédite.