Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/241

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Au même[1].


10 mai.

Cher Meurice, vous avez été pour ce livre un initiateur si infatigable et si excellent que vous prendrez certainement intérêt à l’accueil que lui fait la presse du dehors, celle que vous ne pouvez lire. Je vous envoie deux échantillons, Angleterre et Belgique. L’article anglais est du Junius actuel de l’Angleterre, de l’anonyme qui a fait les fameuses lettres d’un englishman publiées par le Times contre M. Bonaparte il y a quatre ans. C’est ce qui a donné à cet article un certain retentissement en Angleterre.

Je vous ai reconnu dans l’entrefilet de la Presse pour annoncer la la 2e édition. Vous avez, comme vous me l’écriviez, tiré parti de l’erreur de date.

Vous allez vous remettre à travailler. Que de temps je vous ai fait perdre ! Vous aurez pour récompense un triomphe comme Shamyl et Paris, un de ces succès doux, nobles et grands — qui vous ressemblent.

V.[2]


Au même[3].


13 mai. Mardi.

Dimanche, pendant que vous m’écriviez, je vous écrivais et nous dialoguions à travers la mer. Mme d’A. vous envoie sans doute en ce moment ma lettre. Voici un mot pour M. Paul Mantz et un autre pour M. Barillot. Aurez-vous la bonté de cacheter et de jeter à la poste.

Je suis presque en train d’acheter une maison ici. Si cela se fait, il y aura votre chambre. Il me semble que vous devez être dans ma maison comme vous êtes dans mon cœur ; à demeure.

Avez-vous dit à M. de Girardin combien j’ai été touché de son envoi ! La lettre au marquis[4] lui appartient comme tout ce qui vient de moi. Il y a entre nous bien des traits d’union, son courage, mon exil, nos luttes, et nos tombeaux.

Serez-vous assez bon pour remettre un exemplaire à M. Lanvin qui viendra le chercher chez vous ?

Je trouve comme vous qu’il est déjà bien assez malheureux d’avoir, par force majeure, laissé perdre une grande partie du premier feu, et qu’il est

  1. Inédite.
  2. Bibliothèque Nationale.
  3. Inédite.
  4. Écrit en 1846. — Les Contemplations.