Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/255

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Au même[1].


12 mai.

Vous n’en serez pas quitte pour quatre lignes écrites au galop. Cher Auguste, j’ai besoin de vous reparler de vous, de votre succès qui me charme, de votre poésie qui me ravit. Elle m’arrive par bribes dans les journaux, comme la lumière arrive par éclairs. Je ne saurais vous dire l’enchantement que j’y trouve. Vous voilà maître dans la comédie, l’hiver prochain, vous donnerez l’œuvre puissante que vous nous avez lue il y a quelques mois, et vous serez maître dans le drame. En somme, l’exil n’aura pas été un temps perdu ; d’un bond vous voilà populaire en politique, triomphal en littérature. J’ai lu avec bonheur un excellent article sur vous dans la Causerie. Dites, je vous prie, à l’auteur, M. Mahalin, que toutes ces choses où il me mêle et qu’il dit avec tant de grâce et d’élévation m’ont été au cœur.

Vous allez, je vous le prédis, être dictateur des théâtres.

Dites à Jules Janin, quand vous le verrez, que son article sur vous est une des plus fraîches et plus éclatantes pages qu’il ait écrites.

Ma femme, ma fille et Charles sont partis hier. Les voilà à Londres pour un mois. Vous à Paris. Jugez du vide. Je m’en console en vous envoyant tous mes applaudissements et toute ma joie. Seriez-vous assez bon pour remettre ce mot à Paul Meurice, et pour lui dire que j’ai tiré 250 fr. sur lui.

En attendant que nous ayons votre comédie, envoyez-nous tous les journaux qui en parlent, surtout ceux qui font des citations. Ces gorgées de poésie calment un peu ma soif de tout lire. Je transmettrai les journaux au groupe de Londres. Le 1er volume de la Légende des Siècles est sous presse. Mais en ce moment je n’y songe pas ; je suis tout à Paris, tout au Théâtre-Français, tout avec vous.

Ex imo.
V.[2]


Au même[3].


20 mai.

Vous avez fait une pièce en deux actes, et je vous envoie un bravo en trois épîtres. Je viens de lire. Votre comédie, cher Auguste, est d’un bout à l’autre une ravissante chose. Cela est complet ; tout y est, la grâce, la gaîté,

  1. Inédite.
  2. Bibliothèque Nationale.
  3. Inédite.