Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/296

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Au même[1].


H.-H., 15 février.

Cher monsieur Lacroix, j’ai trois questions importantes à indiquer rapidement dans cette lettre.

Ma signature pour l’Allemagne. Mon homme d’affaires, qui est le prévôt de la reine à Guernesey, me dit qu’il faut que j’aie moi-même copie de la contre-lettre qui vous est remise avec la signature certifiée de l’éditeur allemand qui l’a écrite. Que cette garantie n’est pas moins nécessaire à moi qu’à vous. Donc, sitôt que j’aurai cette pièce, je vous enverrai ma signature. — Le plus tôt possible.

2° Tables, titres, préface, etc. Pour le dressement du tout, il me faudrait un exemplaire complet. Envoyez-moi les bonnes feuilles tirées jusqu’à ce jour. Pour diminuer les frais, vous pourriez les envoyer par la poste en deux volumes brochés avec une couverture portant pour titre : Œuvres de Voltaire. Ou : Traduction de l’Iliade. N’importe quoi, qui n’éveillât point l’attention et la curiosité des post-men. — Faites encore cet envoi le plus tôt possible. Courrier par courrier.

3° Mode de publication. Voici une lettre de Paul Meurice sur laquelle j’appelle toute votre attention. C’est la sagesse et la raison même. Voici les conditions de succès, ne les oubliez pas. Hors de là, tout est aventure :

Publier à Paris deux éditions de front, une in-8° à 6 fr., l’autre in-18 à 3 fr. Faire clicher la deuxième (bon marché) afin de tirer au fur et à mesure des besoins, indéfiniment.

En outre, ne publier la première partie que lorsque la seconde sera imprimée et toute prête à paraître, et la troisième sous presse, de façon à avoir toute la mise en mouvement de cette énorme affaire dans la main avant de commencer. De cette manière, vous êtes maîtres de choisir le moment, et, selon l’effet produit, vous vous déciderez. Il peut être utile de lancer les parties coup sur coup, et sans laisser respirer le public ; il peut être utile de laisser des intervalles. C’est dans le moment même que vous déciderez cela. Quand une partie paraîtra, celle qui la suit immédiatement doit être imprimée et prête à entrer en bataille. Autrement vous courez risque de manquer l’instant précieux où le fer est chaud. Conclusion : faire tout de suite commencer l’impression des deux éditions à Paris, et les mener vivement ; clicher l’édition in-18.

Demande : Quand voulez-vous avoir la troisième partie ? — In haste.

Mille affectueux compliments.

V. H.[2]
  1. Inédite.
  2. Correspondance relative aux Misérables. — Bibliothèque Nationale.