Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/359

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Pour Charles[1].

Si je ne te savais pas si triste et en proie à tant de choses douloureuses, comme je te gronderais ! Quoi ! après tout ce que nous avons dit tant de fois, tu en es encore là ! tu en es à te tourmenter de ce que dit et de ce que pense cette brave femme, la meilleure du monde, mais la plus redoutable par besoin d’agitation ! Que sur ce mot les Hugo          [2], tu as besoin, toi qui es Hugo, que je te dise qu’il n’y a pas eu l’ombre de vrai, que je n’ai même pas échangé avec elle l’apparence d’une parole qui eût trait de près ou de loin à ce sujet là. Que du reste, loin d’être de cet avis, je suis sur ce point diamétralement opposé, que la prolongation de la situation actuelle amènera dans un temps donné, un an ou deux par exemple, un certain degré[3]          , et que si ton intelligence est nécessaire quelque part, c’est à coup sûr là. Voilà ce que je pense, puisqu’il faut te le dire. Il en est de cela comme de ta gaîté et de ma colère, deux choses dont l’une aurait dû suffire pour détruire l’autre dans ton esprit. Quand donc m’as-tu vu en colère ? Et en quoi cela me ressemble-t-il ? Oh ! enfant que tu es ! d’ajouter les chimères aux réalités pour te tourmenter ! Hélas ! tu as toujours été ainsi. Et si nous sommes séparés aujourd’hui depuis si longtemps, c’est à cause de cela. Va, souviens-toi de ceci : c’est mon sang qui coule dans tes veines, ton âme fait partie de la mienne, tu me tiens aux entrailles, la nature nous joint l’un à l’autre par toutes ses lois les plus pures, et s’il y a pour toi dans ce monde un être tendre, profond, inébranlable, indulgent, c’est moi[4].


1865


À François-Victor[5].
H.-H., 1er février.

Mon Victor, force journaux anglais ont reproduit mon allocution[6]. Je t’envoie le Daily news comme spécimen. Elle est également reproduite partout en France.

La famille de Putron dîne samedi chez Mme Drouet.

Corbin a envoyé cette note[7]. — J’ai compris, je t’approuve, et j’ai payé. Calme ton noble et charmant cœur, mon enfant chéri.

  1. Inédite.
  2. Un mot illisible.
  3. Un mot illisible.
  4. Bibliothèque Nationale.
  5. Inédite.
  6. Sur la tombe d’Emily de Putron.
  7. Au verso de cette lettre, note du docteur Corbin envoyée à François-Victor pour soins du 10 août au 17 décembre 1864. Sans doute à Emily de Putron, la fiancée de François-Victor.