Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/86

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L’homme n’est le maître ni de sa vie, ni de sa mort. Il ne peut qu’offrir à ses concitoyens ses efforts pour diminuer la souffrance humaine et qu’offrir à Dieu sa foi invincible dans l’accroissement de la liberté.

Victor Hugo[1].


1881.


À Madame Pelleport[2].
Madame,

Vous étiez la mère, la mère vénérée, d’Adolphe Pelleport ; j’étais presque son père. Le coup qui vous frappe m’atteint. Permettez-moi d’associer respectueusement mon profond chagrin à votre inconsolable douleur.

Victor Hugo[3].


À Monsieur F. Hérold, préfet de la Seine.


22 mars.

Cher collègue et cher préfet, faites grâce aux Feuillantines. C’est un des rares restes du vieux Paris. Ce n’est plus qu’un tronçon. Respectons ce qui survit sans nuire. Donc, gardez les Feuillantines et serrons-nous la main[4].

  1. Communiquée par la bibliothèque de Besançon.
  2. Le Carnet de Victor Hugo donne, à la date du 12 mars 1881, cette note :
    Pelleport est très mal. J’y vais.
    Vingt minutes après mon départ, Pelleport meurt. J’ai cru sentir sa main serrer la mienne.
    Noble cœur, loyal esprit, vrai talent.
  3. Le Rappel, 20 mars 1881.
  4. Le préfet de la Seine répondit :
    « On vous a trompé.
    « La vieille rue des Feuillantines, la vraie rue des Feuillantines, celle que vous avez célébrée, personne ne songe à y toucher. Comme vous le dites, c’est un tronçon, mais un tronçon que je respecte. Il suffit que vous en ayez parlé ». Et le préfet explique que ce qu’il veut changer de nom, c’est la rue des Feuillantines prolonge, qui n’a pas de raison d’être et qui continuera désormais la rue Gay-Lussac. Cette lettre nous a été communiquée par M. F. Hérold, fils du préfet de la Seine. — Lettre reproduite dans Actes et Paroles. Depuis l’exil. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.