Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/233

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1839.

MIDI DE LA FRANCE
ET BOURGOGNE.

avignon.
— albums. —


25 septembre.

Arriver à Avignon par un beau soleil couchant d’automne, c’est une admirable chose. L’automne, le soleil couchant, Avignon, ce sont trois harmonies.

La ville des papes s’en va, elle aussi ; l’année de Pierre, cette année qui devait être un cycle, est à son automne ; le soleil catholique, qui s’est levé dans Avignon comme dans Rome, est à son couchant.

De loin, l’admirable ville, qui a quelque chose du destin de Rome, a quelque chose de la forme d’Athènes. Ses murailles, dont la pierre est dorée comme les ruines augustes du Péloponèse, ont un reflet de la beauté grecque. Comme Athènes, Avignon a son acropolis ; le château des papes est son parthénon.

Les collines sont calcaires, les toits sont italiens, ce qui enveloppe la ville d’un horizon plein de tons chauds et de lignes droites, que coupent dans le lointain des groupes de grosses tours rondes. À mesure que vous avancez, le mouvement du bateau à vapeur en marche fait que ces groupes de tours se décomposent et se recomposent, aux rayons du soleil, sans jamais rien perdre de leur unité pittoresque et sévère, comme si Poussin lui-même les dérangeait et les remettait en place.