Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/253

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le bagne de toulon


— albums. —


Entrée du bagne. — Bac. — Forçats polis offrant des tabourets et des coussins. — Embarcations où rament des forçats. Rapides. — Soleil couchant. — Avenue de gros vaisseaux acculés au quai du bagne. — Bandes de forçats rentrant au ponton, fatigués, traînant leurs chaînes, montant l’étroit escalier, s’engouffrant sous le guichet bas du vaisseau. — Bagnes flottants. Ce sont deux frégates démâtées, la Thémis et la Néréide. Deux amours grossièrement sculptés et peints en jaune jouent sur l’arrière de la Néréide. — Visite des forçats au passage du port dans le bagne. Aspect de leurs dortoirs au moment où ils viennent d’y rentrer. On passe une tringle de fer assujettie par un cadenas dans l’anneau extrême de toutes les chaînes. — Lits de camp. Une caisse, un matelas, une couverture pour les bons. Le lit du trappiste est une faveur pour le forçat. — Au-dessus de la porte, peinture d’un forçat figurant l’arrivée au bagne, le gendarme, le criminel sombre, l’innocent qui se jette à genoux, etc. Autre peinture dans une autre salle, représentant le crime. Un désert, la victime à terre, le meurtrier la regarde effaré ; au fond du paysage, deux anges le voient (Prudhon).

Salle des éprouvés. — N’ont pas de chaîne. Vont quelquefois en ville. Ont un peu de viande et de vin.

Visite au bagne flottant la Thémis. — Escalier ferré de gros clous comme les souliers des forçats. — Aspect du ponton. Entrepont d’un navire démeublé, les écoutilles triplement grillées. — Sept nouveaux venus dont trois arabes. Figures graves et regards perçants. On leur a coupé la barbe la veille. Ils sont patients et résignés. L’un d’eux, d’assez haute taille, maigre, est un marabout. Il tient son chapelet à la main.

Dans un coin, au fond, sous une lucarne, trois tas de forme étrange couverts d’un haillon de laine. De chacun de ces tas sort une chaîne qui rampe sur le sol et va se cramponner six pieds plus loin à une barre de fer transversale scellée dans le plancher. — Ce sont trois hommes, trois forçats, deux incurables et un fou. — Un fou au bagne ! — Les trois tas restent immobiles. On n’en voit rien, ni têtes, ni bras, ni pieds.

En sortant, un forçat montre un chien monstrueux enchaîné dans une niche, sculpture grossière en bois peint faite par un forçat.

Au bout d’un dortoir, salle de la double chaîne. Guichet grillé.