Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/594

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au fur et à mesure ; Victor Hugo n’emportait pas encore d’album et dessinait, de mémoire sans doute, en écrivant à sa femme. Quelques dessins séparés sont envoyés aux enfants dans les lettres adressées à leur mère.


La première lettre publiée dans la partie intitulée Alpes et Pyrénées porte le numéro 6 ; les cinq premières ont été publiées par Victor Hugo dans le Rhin.

Outre les lettres à Mme Victor Hugo nous avons, pour l’année 1839, quelques feuillets de notes et deux albums de voyage ; le premier, estampillé à la Bibliothèque nationale sous le chiffre 8, est rempli de notes en tous sens (quelques-unes barrées), de dessins ébauchés, recommencés quelques pages plus loin, de croquis à l’encre ou au crayon.

Des pensées, des vers, le plus souvent étrangers au voyage, sont jetés au hasard de la page ouverte ; des feuilles, des petits bouquets de fleurs sont restés collés à des pages blanches.

Nous avons donné, soit dans le texte, soit dans les illustrations, les principaux dessins et croquis des albums de voyage ; nous en noterons ici les particularités les plus intéressantes.

Dans l’album de 1839, quelques feuillets sont en partie coupés, d’autres arrachés ; sans doute Victor Hugo aura détaché et envové un dessin ; à la troisième page, cette réflexion sur Lyon :


16 octobre : Lyon. — Il est impossible de se figurer dans une situation qui soit plus pittoresque une ville qui le soit moins.


À la fin de l’album cette ligne complémentaire :


Lyon est sous un nœud de nuages.


Une accolade précédée de l’indication ; Comédie, réunit ces quelques vers :

Il m’a, d’un coup de trique,
Fait courir dans les reins un frisson électrique.

L’un jouait de la harpe et l’autre de la flûte.
C’était à faire fuir tous les chiens du quartier.


Au-dessus de ces vers quelques lignes :


Le fléau de la Belgique c’est le marbre bleu, le fléau de l’Alsace c’est le granit rouge. Toute l’architecture officielle en est faite. On rencontre çà et là des péristyles et des colonnades, des douanes, des casernes, des collèges, un tas de temples grecs lie de vin où sont logés les préfets, les octrois, les gendarmes, et qui sont du plus odieux effet. Il y a à Strasbourg un théâtre sang de bœuf qui est une abominable chose.

Cependant, il faut le dire à la louange de ce granit, nu il est hideux ; ouvragé, sculpté, fouillé, il devient beau. Comme il contient beaucoup de fer, il prend