Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/600

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C’est le bruit du vent sur les flots ;
C’est le bruit des flots sur les grèves ;
On entend, à travers les rêves.
Les chants lointains des matelots.

Plus loin, la moitié d’un feuillet coupé nous donne ces

épitres de maglia.

J’ai lu je ne sais où, mais dans un très bon lieu,
Que l’homme fait ses dieux de tout, hormis de Dieu ;
J’ajoute ici que l’homme, ignorant sa richesse.
Met sa sagesse en tout, hormis dans la sagesse.




Que voulez-vous, mon cher ? je suis un drôle d’homme.
Monsieur Rolle m’ennuie et monsieur Jay m’assomme.
l’esprit banal, le civisme banal
Je hais Paris, forum, marché, tréteau, journal.
Et je fuis le Gymnase
Je fuis le Vaudeville et le National.
Je viens ici…



 
Je franchis gués, ruisseaux, rochers, ravins bourbeux.
Je vais au flanc des monts par le chemin des bœufs.



 
… Lorsque tombe la nuit,
L’homme met son manteau, la femme met sa mante.
La ville au loin s’emplit d’une rumeur charmante ;
On entend soupirer en de tendres ébats
Les guitares tout haut et les âmes tout bas.



 
Ce monsieur, pour parler en style diaphane.
S’appelle Théodore et rime avec un âne.


Nous trouvons, trois pages plus loin, une strophe datée de Saint-Sébastien, 30 juillet 1843 :

Et l’antique tilleul, sur cette antique église.
Comme pour l’embrasser, au souffle de la brise,
Penchait ses longs rameaux dorés par le ciel bleu,
Et j’avais le cœur plein de toutes les ivresses,
Car j’assistais, pensif, aux augustes caresses
Que la nature fait à Dieu.