Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/603

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On remarquera que, de la dernière division de la table, il ne reste dans l’album que la page F3 (Pensées çà et là) ; les autres pages ont été coupées et les vers ont dû être utilisés du vivant de Victor Hugo dans quelque recueil.

À la page C, portrait du muletier borgne, reproduit page 451 de cette édition ; quelques feuillets plus loin, un curieux croquis représente une tête de mort au pied d’un arbre. Quelques lignes commentent ce croquis :


C’était l’heure de la sieste. Il était midi, le soleil en plein triomphe resplendissait. La plaine immense et nue avait l’haleine d’une bouche de four. Il cherchait un arbre à l’ombre duquel il pût dormir et se reposer. Il rencontra un mancenillier.


Plus loin, une marine datée du 26 mai 1856. Hauteville. De ma fenêtre.

Ce sont, avec un petit croquis de Pampelune, publié page 382, les seuls dessins de cet album.

Voici le commencement de lettre annoncé dans la table à la page K :


Comment va Paris et qu’y faites-vous tous ? Voilà deux mois que je n’ai lu un journal et je ne sais rien si ce n’est que le soleil est éblouissant, le ciel bleu, la mer grande, la montagne admirable. Je sais tout de Dieu et rien de l’homme. Eh bien ! je vis.

Qu’en dites-vous ? N’ai-je pas l’essentiel ? Ne vaut-il pas mieux regarder les Pyrénées que les Chambres ? Un sapin penché sur une cascade n’est-il pas plus beau à voir que les lois qu’on fait ? L’océan que Dieu agite n’est-il pas plus grand que cette foule où se démènent tant d’intérêts, où surnagent si peu d’idées ? À tout prendre, je vis comme un loup, et je trouve cela bon.


En marge, au crayon, cette indication :


Lettre du 27 août à M. Alphonse.


Des dernières pages de l’album, nous détachons quelques pensées :


L’amour est un immense égoïsme qui a tous les désintéressements.


Chose étrange que la jalousie, qui est la maladie de l’amour, en soit aussi la condition !


Une réaction : barque qui remonte le courant, mais qui n’empêche pas le fleuve de descendre.


Ronces, épines, pierres, cailloux, escarpements, fondrières, inconvénients et conditions des grandes renommées. Ce qui ferait la laideur d’un jardin fait la beauté d’une montagne.


La première lueur du matin est lugubre comme le premier cri de l’enfant est douloureux. Mystère.