Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/608

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1862. — À partir de 1862, Victor Hugo fait tous les ans, en été, un voyage de deux ou trois mois. Il emporte, pour ses comptes journaliers, un petit Fascicule d’un centaine de pages non reliées, qui tient dans sa poche ; c’est de ces fascicules que nous avons extrait les notes de voyage de 1862 à 1871. Il nous est fort difficile de donner, comme nous l’avons fait pour les albums, la description minutieuse de chaque cahier, il nous faudrait citer les dépenses, les prix d’hôtels, les remarques d’itinéraire, ce qui offrirait peu d’intérêt, ou anticiper sur l’historique des volumes à paraître quand nous trouverions soit un projet de traité, soit des variantes ou un brouillon relatifs à une œuvre non publiée encore dans cette édition. — Rappelons seulement que le carnet de voyage de 1862 contient la relation du banquet des Misérables offert à Victor Hugo par les éditeurs Lacroix et Werboeckowen[1].

D’un petit album de cuir noir nous avons extrait le dessin de l’abbaye d’Orval qui illustre la page 516.


1863. — En tête du carnet, copie d’une lettre encore inédite de Victor Hugo à Émile de Girardin ; les bases du traité pour William Shakespeare. Une page est consacrée au joli crayon reproduit en hors texte (page 561).

Au dernier feuillet cette pensée :

Ne faiblissons jamais. Soyons toujours honnêtes.

Nous devons compte de nous-mêmes aux autres, qui ont besoin d’être soutenus par la vertu visible. Les honnêtes gens donnant l’exemple de certaines déviations de l’âme intimident la conscience humaine à jamais.

Sur un petit album rouge, parmi des croquis, des dessins ébauchés, quelques réflexions et un sujet de comédie :

Architecture : — Le rococo sage, ce que je connais de plus bête au monde.


— C’était un vaste glouton, haut de taille, énorme d’appétit, tête de lion, boyaux de baleine, gueule égale au ventre, un preneur, un voleur, un violeur, un mangeur, un tueur, un rieur, — un seigneur.


Puis, à propos d’une comédie de Scribe, Valérie ou La jeune aveugle :


Entendu un bourgeois dire : — Valérie, c’est émotionnant ! Ce que ce Cribe m’a donné d’attaques de nerfs !


le vieux clélio.Comédie.

Je n’aurai plus jamais, c’est fini, soyons sage,
Cet enivrant bonheur de voir à mon passage

  1. Historique des Misérables, tome V.