Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/249

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LIVRE CINQUIÈME.


1819-1828.
Prend-moi tel que je suy.
Devise des Ély.





ODE PREMIÈRE.


PREMIER SOUPIR.


C’est que j’ai rencontré des regards dont la flamme
Semble avec mes regards ou briller ou mourir,
Et cette âme, sœur de mon âme,
Hélas ! que j’attendais pour aimer et souffrir.

Émile Deschamps.


 
Sois heureuse, ô ma douce amie.
Salue en paix la vie et jouis des beaux jours ;
Sur le fleuve du temps mollement endormie,
Laisse les flots suivre leur cours !

Va, le sort te sourit encore ;
Le ciel ne peut vouloir, dissipe tout effroi,
Qu’un jour triste succède à ta joyeuse aurore.
Le ciel doit m’écouter quand pour toi je l’implore.
Notre avenir commun ne pèse que sur moi.
Bientôt tu peux m’être ravie ;
Peut-être, loin de toi, demain j’irai languir.
Quoi, déjà tout est sombre et fatal dans ma vie !
J’ai dû t’aimer, je dois te fuir !