Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/250

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Puis, — hélas ! sur mon front que le malheur retombe !
Il faudra qu’à l’absence, à de nouveaux désirs,
Un sentiment bien doux succombe ;
Tu m’oublîras dans les plaisirs,
Je me souviendrai dans la tombe.


Oui, je mourrai ; déjà ma lyre en est en deuil.
Jeune, je m’éteindrai, laissant peu de mémoire,
Sans peur ; puisque de front j’ai contemplé la gloire,
Je puis voir de près le cercueil.
L’élysée immortel est près des noirs royaumes,
Et la gloire et la mort ne sont que deux fantômes,
En habits de fête ou de deuil !


Vis heureuse, ô ma jeune amie,
Jouis en paix de tes beaux jours !
Sur le fleuve du temps mollement endormie,
Laisse les flots suivre leur cours !


décembre 1819