Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/325

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BALLADE QUATRIÈME.


À TRILBY, LE LUTIN D’ARGAIL.


À vous, ombre légère,
Qui d’aile passagère
Par le monde volez,
Et d’un sifflant murmure
L’ombrageuse verdure
Doucement esbranlez,
 
J’offre ces violettes,
Ces lys et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses.
Tout fraischement escloses
Et ces œillets aussi.

Vieille chanson.


C’est toi, lutin ! — Qui t’amène ?
Sur ce rayon du couchant
Es-tu venu ? Ton haleine
Me caresse en me touchant !
À mes yeux tu te révèles.
Tu m’inondes d’étincelles !
Et tes frémissantes ailes
Ont un bruit doux comme un chant !

Ta voix, de soupirs mêlée,
M’apporte un accent connu.
Dans ma cellule isolée,
Beau Trilby, sois bienvenu !
Ma demeure hospitalière
N’a point d’humble batelière
Dont ta bouche familière
Baise le sein demi-nu !