Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/328

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Va, dis à ce noble ami
Que ma tendresse inquiète
De tes périls a frémi ;
Dis-lui bien qu’il te surveille ;
De tes jeux charme sa veille,
Enfant ! Et lorsqu’il sommeille,
Dors sur son front endormi !

N’erre pas à l’aventure !
Car on en veut aux Trilbys.
Crains les maux et la torture
Que mon doux Sylphe a subis.
S’ils te prenaient, quelle gloire !
Ils souilleraient d’encre noire,
Hélas ! ton manteau de moire,
Ton aigrette de rubis !

Ou, pour danser avec Faune,
Contraignant tes pas tremblants,
Leurs Satyres au pied jaune,
Leurs vieux Sylvains pétulants
Joindraient tes mains enchaînées
Aux vieilles mains décharnées
De leurs Naïades fanées,
Mortes depuis deux mille ans !


8-10 avril 1825.