Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/712

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XXII

VŒU.


Ainsi qu’on choisit une rose
Dans les guirlandes de Sarons,
Choisissez une vierge éclose
Dans les lis de vos vallons.
Lamartine.


Si j’étais la feuille que roule
L’aile tournoyante du vent,
Qui flotte sur l’eau qui s’écoule,
Et qu’on suit de l’œil en rêvant ;

Je me livrerais, verte encore,
De la branche me détachant,
Au zéphyr qui souffle à l’aurore,
Au ruisseau qui vient du couchant.

Plus loin que le fleuve qui gronde,
Plus loin que les vastes forêts,
Plus loin que la gorge profonde,
Je fuirais, je courrais, j’irais !

Plus loin que l’antre de la louve,
Plus loin que le bois des ramiers,
Plus loin que la plaine où l’on trouve
Une fontaine et trois palmiers ;

Par delà ces rocs qui répandent
L’orage en torrent dans les blés,
Par delà ce lac morne, où pendent
Tant de buissons échevelés ;