Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/715

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XXIV

ADIEUX DE L’HÔTESSE ARABE.


10. Habitez avec nous. La terre est en votre puissance ; cultivez-la, trafiquez-y, et la possédez.
Genèse, chap. XXIV.


Puisque rien ne t’arrête en cet heureux pays,
Ni l’ombre du palmier, ni le jaune maïs,

Ni le repos, ni l’abondance,

Ni de voir à ta voix battre le jeune sein
De nos sœurs, dont, les soirs, le tournoyant essaim

Couronne un coteau de sa danse,


Adieu, voyageur blanc ! J’ai sellé de ma main,
De peur qu’il ne te jette aux pierres du chemin,

Ton cheval à l’œil intrépide ;

Ses pieds fouillent le sol, sa croupe est belle à voir,
Ferme, ronde et luisante ainsi qu’un rocher noir

Que polit une onde rapide.


Tu marches donc sans cesse ! Oh ! que n’es-tu de ceux
Qui donnent pour limite à leurs pieds paresseux

Leur toit de branches ou de toiles !

Qui, rêveurs, sans en faire, écoutent les récits,
Et souhaitent, le soir, devant leur porte assis,

De s’en aller dans les étoiles !


Si tu l’avais voulu, peut-être une de nous,
Ô jeune homme, eût aimé te servir à genoux

Dans nos huttes toujours ouvertes ;