Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/733

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


XXXI

GRENADE.


Quien no ha visto a Sevilla,
No ha visto a maravilla.


Soit lointaine, soit voisine,
Espagnole ou sarrasine,
Il n’est pas une cité
Qui dispute sans folie
À Grenade la jolie
La pomme de la beauté,
Et qui, gracieuse, étale
Plus de pompe orientale
Sous un ciel plus enchanté.


Cadix a les palmiers ; Murcie a les oranges ;
Jaën, son palais goth aux tourelles étranges ;
Agreda, son couvent bâti par saint-Edmond ;
Ségovie a l’autel dont on baise les marches,

Et l’aqueduc aux trois rangs d’arches

Qui lui porte un torrent pris au sommet d’un mont.


Llers a des tours ; Barcelone
Au faîte d’une colonne
Lève un phare sur la mer ;
Aux rois d’Aragon fidèle,
Dans leurs vieux tombeaux, Tudèle
Garde leur sceptre de fer ;
Tolose a des forges sombres
Qui semblent, au sein des ombres,
Des soupiraux de l’enfer.