Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome IX.djvu/347

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Jaillit-elle à travers l’arlequin démanché ?
Je n’en sais rien. Cherchez. Il fait nuit.

Je n’en sais rien. Cherchez. Il fait nuit. Ce qui reste
Évident dans la brume adorable ou funeste,
C’est que c’est un vivant médiocre et mauvais.
Je deviendrais méchant, si je ne me sauvais,
Rien que pour avoir vu de près ce pauvre hère.

Je n’estime pas plus son grelot que sa haire,
Et son austérité que son relâchement ;
Quand sa bouche dit vrai par hasard, son œil ment ;
Fumée, il s’évapore en toutes les emphases ;
Son ventre et son cerveau n’ont point les mêmes phases.
La terre a son instinct, la lune a sa raison ;
Entre l’air et son souffle il met une cloison ;
Au lieu d’être le vaste esprit cosmopolite,
Il est toujours d’un lieu quelconque satellite,
Juif, grec, anglais dans l’Inde, au Brésil portugais ;
Il rêve des édens et fait des paraguays,
Il se tient hors du code ou hors de la nature ;
Las, refroidi, blasé, s’il veut par aventure
Devenir vertueux, quels lugubres essais !
Il ne sait que passer de l’excès à l’excès,
De l’abus au défaut, de l’alcôve à la haine,
D’Ève au cloître, et que fuir don Juan dans Origène.

Voletant vaguement de la Trappe à Paphos,
Mouche heurtant de l’aile au soupirail du faux,
Bourdon de tous les dieux et de toutes les vitres,
Donnant pour moule aux fronts les casques et les mitres,
Forgeron d’imposture, ouvrier de fureurs,
Fabriquant au mensonge une armure d’erreurs,
Il n’est pas d’épithète outrageuse, honnie,
Vile, dont on ne puisse orner sa litanie.

Certe, on se tromperait de croire que l’azur,