Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VI.djvu/234

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Sire, vous reviendrez dans votre capitale,
Sans tocsin, sans combat, sans lutte et sans fureur,
Traîné par huit chevaux sous l’arche triomphale,
             En habit d’empereur !
 
Par cette même porte, où Dieu vous accompagne,
Sire, vous reviendrez sur un sublime char,
Glorieux, couronné, saint comme Charlemagne
             Et grand comme César !

Sur votre sceptre d’or, qu’aucun vainqueur ne foule,
On verra resplendir votre aigle au bec vermeil,
Et sur votre manteau vos abeilles en foule
             Frissonner au soleil.

Paris sur ses cent tours allumera des phares ;
Paris fera parler toutes ses grandes voix ;
Les cloches, les tambours, les clairons, les fanfares,
             Chanteront à la fois.

Joyeux comme l’enfant quand l’aube recommence,
Emu comme le prêtre au seuil du lieu sacré,
Sire, on verra vers vous venir un peuple immense,
             Tremblant, pâle, effaré ;

Peuple qui sous vos pieds mettrait les lois de Sparte,
Qu’embrase votre esprit, qu’enivre votre nom,
Et qui flotte, ébloui, du jeune Bonaparte
             Au vieux Napoléon.

Une nouvelle armée, ardente d’espérance.
Dont les exploits déjà sèmeront la terreur,
Autour de votre char criera : Vive la France !
             Et vive L’Empereur !