Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/134

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



« Aime. C’est ma dernière botte.
Et je mêle à mes bons avis
Cette fillette qui jabote
Dans la mansarde vis-à-vis. » —

Or je n’écoutai point ce drôle.
Et je le chassai. Seulement,
Aujourd’hui que sur mon épaule
Mon front penche, pâle et clément,
 
Aujourd’hui que mon œil plus blême
Voit la griffe du sphinx à nu,
Et constate au fond du problème
Plus d’infini, plus d’inconnu,

Aujourd’hui que, hors des ivresses,
Près des mers qui vont m’abîmer,
Je regarde sur les sagesses
Les religions écumer,
 
Aujourd’hui que mon esprit sombre
Voit sur les dogmes, flot changeant,
L’épaisseur croissante de l’ombre,
Ô ciel bleu, je suis indulgent

Quand j’entends, dans le vague espace
Où toujours ma pensée erra,
Une belle fille qui passe
En chantant traderidera.


25 juillet 1859.