Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/150

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La vaste voûte sereine
N’avait plus rien qu’on pût voir,
Car la girandole gêne
L’étoile dans l’arbre noir.

Il sort des feux de Bengale
Une clarté dans les bois,
Fière, et qui n’est point l’égale
De l’âtre des villageois.

Nous étions, chêne, orme et tremble,
Traités en pays conquis
Où se débraillent ensemble
Les pétards et les marquis.

La forêt, comme agrandie
Par les feux et les zéphirs,
Avait l’air d’un incendie
De rubis et de saphirs.

On offrait au prince, au maître,
Beau, fier, entouré d’archers,
Ces lumières, sœurs peut-être
De la torche des bûchers.

Cent mille verroteries
Jetaient, flambant à l’air vif,
Dans le ciel des pierreries
Et sur la terre du suif.

Une gloire verte et bleue,
Qu’assaisonnait quelque effroi,
Faisait là-haut une queue
De paon en l’honneur du roi.