Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/155

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La renommée aux vents répète
Des noms impurs soir et matin,
Et l’on peut voir à sa trompette
De la salive d’Arétin.

La fortune, reine enivrée
De ce vieux Paris, notre aïeul,
Lui met une telle livrée
Qu’on préférerait le linceul.

La victoire est une drôlesse ;
Cette vivandière au flanc nu
Rit de se voir mener en laisse
Par le premier goujat venu.

Point de Condés, des La Feuillades ;
Mars et Vénus dans leur clapier ;
Je n’admire point les œillades
De cette fille à ce troupier.

Partout l’or sur la pourriture.
L’idéal en proie aux moqueurs.
Un abaissement de stature
D’accord avec la nuit des cœurs.


II


Mais tourne le dos, ma pensée !
Viens ; les bois sont d’aube empourprés ;
Sois de la fête ; la rosée
T’a promise à la fleur des prés.